Mot du Directeur Général

L’INRB a été inauguré le 08 décembre 1984 par le Président François Mitterrand et le Premier Commissaire d’Etat Kengo wa Dondo. Il est donc le fruit de la coopération franco-congolaise. Il est pour nous le symbole de durabilité d’un projet de coopération qui, après le départ des coopérants, connait un rayonnement national et international. Nous sommes donc heureux de vous donner brièvement le bilan de notre institut :

Notre premier objectif était de développer des ressources humaines en quantités et qualité suffisantes. Aujourd’hui, l’INRB dispose d’une masse critique des techniciens de laboratoire de haut niveau, qui ont été recyclés dans différents Instituts Pasteur : à Bangui, à Dakar et à Madagascar ; à l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT), au National Institute for Comminicable Diseases, (NICD) à Johannesbourg, et au Kenya Médical Research Institute (KEMRI). En outre, le nombre de chercheurs de haut niveau ayant un doctorat (PhD) augmente d’année en année.

Aujourd’hui, nous avons 10 PhD formés en Belgique, en France et ailleurs ; ils seront une vingtaine d’ici fin 2015.

En outre, l’INRB depuis belle lurette, s’évertue à transformer la fuite de cerveaux congolais en gain de cerveaux en réintégrant les chercheurs de diaspora qui souhaitent installer des équipes de recherche à l’INRB. Notre deuxième objectif était de créer un environnement propice à la recherche : deux laboratoires de biologie moléculaire, des laboratoires de référence pour la trypanosomiase humaine africaine, la poliomyélite et la rougeole sous l’égide de l’OMS. Des stations de recherche ont été installées à Kole pour Monkeypox, à Mbuji Mayi et Masi Manimba pour la Trypanosomiase humaine africaine. Notre troisième objectif était de bâtir un partenariat fort dans le domaine de la recherche : l’arrivée quasi simultanée de l’OMS et de l’IMT/Anvers à l’INRB en 1998, a servi de catalyseur pour le partenariat international. Il s’agit d’un partenariat diversifié qui favorise la synergie d’actions entre les partenaires éparpillés dans le monde : En Europe : nous collaborons avec les institutions de renommée internationale comme l’IMT/Anvers et la Katholieke Universiteit te Leuven (KUL) en Belgique, Robert Koch Institute et Max Planck en Allemagne, L’Institut Pasteur de Paris, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de Montpelliers en France et la London School of hygiène and Tropical Médecine (LSHTM). En Afrique : nous collaborons avec le Centre International de Recherche Médicale de Franceville au Gabon (CIRMF), avec le National Institute for Communicable Diseases de Johannesburg (NICD) le Kenya Médical Research Institute (KEMRI) et le Centre Pasteur du Cameroun. Au Japon, nous collaborons avec l’Institut de Médecine tropical de Nagasaki et la Tokyo Medical and Dental University.

Bientôt notre collaboration s’étendre en Inde et en Chine.

Il va sans dire que nous avons tissé un partenariat naturel avec le Laboratoire de Santé de Brazzaville, la Faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa et son Ecole de Santé Publique.

Notre quatrième objectif était de renforcer les capacités managériales de l’INRB. Grâce à l’intervention de la Coopération Technique Belge (CTB), aujourd’hui, l’INRB a fait peau neuve : ses bâtiments ont été rénovés, son outil informatique modernisé, son charroi automobile renforcé et son plateau technique amélioré. Le personnel administratif a été formé en bureautique et en en comptabilité. Grâce aussi à la CTB, l’INRB pilote le réseau national des laboratoires de santé publique en supervisant les laboratoires provinciaux dans le cadre de la surveillance intégrée des maladies et riposte.

Notre cinquième objectif était de doter l’INRB d’un statut qui lui assure une durabilité juridique : par le décret n°13/06 du 22 janvier 2013 de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’INRB est devenu un établissement Public avec une grande autonomie administrative et financière. Au cours de ces 30 ans, nous avons développé une expertise nationale et internationale sur plusieurs domaines telle que la gestion des épidémies de Maladie à virus Ebola. Avec l’IMT/Anvers, nous avons développé un test de dépistage de la trypanosomiase humaine africaine. Un nouveau virus, Bas Congo virus et d’autres espèces des Retrovirus ont été découvert récemment. Comme perspectives, nous voulons faire de l’INRB un centre d’excellence pour la formation, la gestion et la recherche sur les maladies émergentes et réémergentes comme la maladie à virus Ebola. Et pourquoi pas un centre de contrôle de maladies, un CDC congolais en collaboration avec la DLM. Pour terminer, je voudrais remercier le Président de la République, Son Excellence Joseph Kabila Kabange pour son implication personnelle dans la gestion nationale et africaine des épidémies de la maladie à virus Ebola.

Nos remerciements s’adressent également aux partenaires du Ministère de la Santé dont l’appui a été déterminant dans la concrétisation de nos programmes : l’OMS, UNICEF, ONUSIDA, JICA, Wallonie Bruxelles, DNDI, USAID/MSH.

Notre souci est de faire de l’INRB une institution congolaise modèle dépourvue de corruption et pratiquant la bonne gouvernance dans la transparence tout en prônant une gestion de qualité et la culture du respect de temps.

Professeur Muyembe Tamfum, M.D., PhD
Directeur de l’Institut